Parole de Vegan – Jessica

Depuis quand es-tu Vegan ?

Je boycott et milite contre les activités liées à l’exploitation animale (les cirques avec animaux, la corrida…) depuis mon enfance, je suis végétarienne depuis presque 9 ans et depuis maintenant 4 ans, je suis à grande tendance végétalienne. Mais je précise qu’il m’arrive encore de consommer indirectement des sous-produits animaux (dans un gâteau fait maison que l’on me servirait par exemple) très rarement certes, mais je ne peux me permettre de me définir « Vegan » vis-à-vis de ceux qui le sont complètement.

As-tu été végétarienne avant d’être Vegan ? Ou bien as-tu passé le pas directement ?

Oui, ça a été assez progressif. A l’âge de 14 ans j’ai arrêté de manger de la viande. A l’âge de 16 ans j’ai arrêté le poisson (plus progressivement) et tous les fromages contenant de la présure animale (extraite de la quatrième poche de l’estomac de jeunes ruminants, souvent des veaux ou chevreaux).

Depuis 4 ans, je tends sérieusement à être végétalienne, je ne bois plus de lait, ne consomme plus de yaourt et ai supprimé de mon réfrigérateur les œufs du supermarché.

Quant au mode de vie qui définit le véganisme, je suis contre les zoos, les cirques avec animaux, la corrida, l’expérimentation animale, la vivisection…Depuis toujours. Dès que je j’en ai l’occasion, je participe à des manifestations pour ces causes. A six ans, emmenée au zoo par ma famille, je demandais déjà « pourquoi le serpent anaconda est si replié dans son aquarium et qu’il ne peut même pas nager ? ». Je pense que la force de conviction pour le bien-être animal engendre naturellement cette volonté de ne plus vouloir manger de viande.

Quelles sont tes motivations ?

Ma sensibilité et mon empathie pour des vies qui souffrent ?

J’ai toujours aimé les animaux et j’ai le souvenir qu’à l’âge de 10 ans, ma famille m’avait servi un steak haché que je refusai de manger et je me souviens avoir dit : « A 18 ans, vous ne pourrez plus me forcer ». J’ai continué d’en manger jusqu’à ce jour de mars 2008, je tenais un « blog » sur la cause animale, je m’informais beaucoup sur internet et j’ai vu une vidéo de porcs à l’abattoir. Cela m’a écœuré.

Et puis je me pose beaucoup de questions. Est-ce que j’oserai tuer l’animal moi-même après l’avoir regardé dans les yeux ? La réponse est non…

Je me dis que tout est question de culture. En Inde les vaches sont sacrées, en Chine on mange du chien, en France on s’affole contre la Chine mais on mange les vaches. Alors, pourquoi est-ce que la vie d’un chien serait-elle plus importante que celle d’une vache ? On connait mieux les chiens que les vaches. Qui s’est déjà intéressé à la vie d’une vache ? Elle aussi saute dans l’herbe lorsqu’elle est libérée de l’étable, elle aussi pleure son veau lorsque celui-ci lui est arraché.

Ma première motivation est donc de l’ordre émotionnel et de l’empathie.

Et puis, il faut savoir que l’élevage de bovins est une très grande source de pollution et de rejet de méthane, qu’il faut 7 kg de céréales et 15 400 litres d’eau pour 1kg de viande, qu’on importe en France du soja d’Amérique du Sud pour nourrir les bovins (l’élevage bovin serait responsable à 80% de la destruction de la forêt Amazonienne selon Greenpeace). Réduire sa consommation de viande a donc un fort impact pour l’environnement.

Et puis, pour sa santé, c’est la réduction d’antibiotique, de graisses saturés…

Quant au végétalisme, j’ai toujours détesté me contredire et c’est une suite logique du végétarisme pour le bien-être animal.

Le véganisme englobe le tout : la consommation alimentaire, les produits d’hygiènes, d’entretiens, les activités… C’est une façon d’être complètement cohérent et en accord avec soi-même.

Qu’en penses ton entourage ?

Lorsque j’étais adolescente et que j’ai dit que j’arrêtais de manger de la viande, ma famille n’a pas été trop surprise étant donné que j’étais déjà très tournée pour la cause des animaux. Il y a eu alors comme un « pacte » avec ma famille : « ok , tu arrêtes de manger de la viande à conditions que tu ne sois pas fatiguée et que tes notes scolaires ne baissent pas » : cela n’a pas été le cas.

J’ai une personne de ma famille (omnivore) qui a même été à l’origine de ma grande détermination et de ma réflexion sur le végétaLisme lorsqu’il m’a dit : « je ne te donne pas dix ans pour avoir des carences » et « tu es végétarienne mais tu bois du lait, l’industrie du lait c’est pire ». A 14 ans, ce sont des phrases qui vous marquent et dans un esprit de rébellion vous donnent de la force pour prouver aux autres que vegan ne signifie pas « carencé ».  

Le véganisme existe depuis très longtemps, mais j’ai pu voir son évolution ces dix dernières années. Je pense que depuis les diffusions de vidéos « choc » des abattoirs par l’association L214 et l’influence des réseaux sociaux, l’entourage qui pouvait critiquer mes choix n’a plus vraiment d’arguments solides à défendre. Il se contente de dire : « Je comprends ton choix, mais moi je ne pourrai pas, je manquerai de protéines et c’est « trop » bon la viande, ça me manquerait ».

Depuis 10 ans j’ai entendu toutes sortes de questions et de critiques, mais cela n’a fait que renforcer mes choix pour la cause animale.

Le plus difficile est quand même au niveau social, pour le choix du restaurant ou les menus de soirées (en général j’apporte mes plats à partager), mais je n’ai pas perdu mes amis à cause de ça ! Et puis, en m’intéressant aux groupes de végétariens (et plus facile via internet), j’ai aussi fait de belles rencontres.

Il est vrai que mon entourage peut avoir l’impression que « j’impose » ma façon de manger car il est hors de question pour moi de cuisiner de la viande et que j’ai du mal à en respirer l’odeur. Alors, lorsque je reçois, il ne faut pas s’attendre à ce que je serve de la viande « pour faire plaisir ».

La grande question reste quand même la santé : As-tu noté des changements positifs ou négatifs vis à vis de ton corps ? Comment gères-tu pour éviter les carences ?

A vrai dire, du fait que j’ai arrêté la viande à 14 ans, en pleine adolescence, je ne peux répondre véritablement à cette question.

Enfant, j’étais souvent malades avec des gastros, aujourd’hui, l’hiver mes maladies se résument à des maux de gorge et le nez qui coule quelques semaines. Je suis rarement malade ! Je prends des huiles essentielles et tisanes en prévention (huile essentielle d’origan, tisane de thym et d’échinacée), du propolis et du miel (français et non industriel !). Je comprends les végans qui refusent le miel car dans certaines exploitations massives, les abeilles sont broyées à travers le transport des ruches, la quantité de miel qu’elles produisent est surexploitée au point que les apiculteurs leur donnent des mélanges sucrés en substitue, c’est un « vol » de nourriture alors qu’elles sont déjà fragiles. Il est impératif de ne pas acheter ces mélanges de miels importés et « conditionnés en France ». Le mieux est de connaître l’apiculteur et ses méthodes de travail.

Personnellement, il m’arrive (comme de nombreuses personnes) de me supplémenter l’hiver en magnésium ou en vitamine C. Je prends aussi de la spiruline (une algue riche en protéines, fer et minéraux) ; de la levure de bière par exemple.

Pour les stricts végétaliens, la GRANDE QUESTION est au sujet de la vitamine B12 (qui joue sur le système nerveux) et pour qui il est fortement recommandé de se complémenter. Voir : Lien par ici

Pour conclure sur le mot « carence » qui je pense fais échos aux protéines et au fer, est-ce qu’il n’y a que ça à prendre en compte pour être en bonne santé?

Pour une anecdote : j’ai une amie strictement vegan qui ne se sentait pas en forme, elle avait des vertiges et est allée à l’Hôpital… Le diagnostic était : « Il faut que vous mangiez plus de fruits et de légumes ». Mon amie qui s’était complètement focalisée sur son apport en protéines par du soja, légumineuses et simili-carnés en avait délaissé les fruits et les légumes pourtant essentiels pour leurs fibres, vitamines, minéraux… » . Mon amie vegan devait manger plus de fruits et de légumes !

Alors certes, devenir vegan ce n’est pas seulement supprimer le steak sans le remplacer par d’autres protéines végétales. Ce n’est pas compliqué mais cela demande à être curieux, à savoir « associer » les aliments comme le riz avec des lentilles. J’ai découvert de nombreux aliments, souvent ignorés de l’alimentation moderne. En fait, lorsque l’on commence à s’intéresser à son alimentation, il faut investir dans de nouveaux placards : les variétés de légumineuses, céréales, légumes, fruits, épices sont si nombreuses… Et les recettes aussi ! 

Est-ce qu’en étant Vegan tu as l’impression de lutter contre une forme de consommation ? 

Contre une forme de consommation ou POUR une certaine consommation ?

Vegan c’est un choix pour les animaux. Personnellement, pour l’environnement et pour ma santé : je privilégie aussi les produits d’agriculture biologique.

Mais en grande surface, les produits bio ne sont pas toujours locaux. Et lorsque je lis sur ma brique de jus d’oranges bio UE et hors UE (achetée en grande surface) « pesticides limités » je me pose des questions. Je préfère alors aller en petit magasin bio, les produits y sont plus chers mais on contribue à la juste rémunération du producteur. Et dans ce type magasin, ou en AMAP, il y a une plus grande variété de fruits et légumes proposés, dont des variétés anciennes !

Que penses-tu des marques de produits Vegan ? Sont-elles toutes crédibles à tes yeux ? Penses-tu que certaines sont des purs produits marketing ? 

Outre les légumes, fruits, légumineuses et céréales que l’on peut trouver en grandes surfaces, les produits VEGAN (je pense alors aux simili-carné, aux pâtes à tartiner, aux produits cosmétiques ou d’entretiens…) sont plus nombreux en magasins bio (ou sur internet…) !

Concernant les produits vegans en grandes surfaces, en France, c’est le début ! Une amie vegan me disait qu’en Allemagne il y a beaucoup plus de choix.

J’étais (agréablement) surprise récemment de voir de la pub d’un supermarché proposant le « veggie-steack ». C’est certainement marketing mais ce n’est pas mal ! Il y a une forte demande pour ces produits et tout le monde n’a pas les moyens financiers d’aller uniquement en magasin bio. Nous sommes dans la demande qui créé l’offre. Et cela peut aussi inciter des personnes non végétariennes à manger ce type de produits et à consommer moins de viande.

Sur des produits vegan de grande surface j’ai même remarqué que la mention « sans viande » avait été ajoutée sur l’emballage !

Par contre, pour rester cohérent, il faut continuer de lire les étiquettes ! Personnellement je me détournerai d’un produit vegan contenant de l’huile de palme ou du soja produit hors UE !

Et pour finir, je pense qu’il serait intéressant de se questionner aussi sur l’emballage des produits. La majorité des produits vegan proposés sont encore « trop » emballés… Emballages individuels de plastique, sous carton, mis en sachets. J’ai un certain plaisir à voir les magasins en « vrac » qui fleurissent, mais ce n’est que le début et c’est au consommateur d’être acteur du changement que l’on souhaite !

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